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Des initiales sur le trousseau

Aujourd’hui je ne vais pas vous parler du métier d’un, ou plutôt d’une de mes ancêtres.
En effet, je n’ai trouvé aucune brodeuse dans ma généalogie ; or ces dernières, au XIXème siècle, avaient, parmi leurs autres attributions de marquer au chiffre d’une jeune fille les draps ainsi que les autres pièces du trousseau qu’elle emporterait en se mariant.
Parfois, le trousseau pouvait être marqué au monogramme mêlé des futurs conjoints, lorsqu’il y avait suffisamment de temps entre les fiançailles et la noce.

A l’origine de cette pratique, les jeunes filles, aidées par les femmes de leur parenté, réalisaient entièrement ce trousseau : c’était une partie de leur dot qu’elles confectionnaient ainsi. En préparant tout ce linge qui allait leur servir pour toute leur vie de femme, elles faisaient preuve des qualités qui devaient être celles d’une femme qui sait tenir sa maison et prendre soin de son linge, comme la patience, l’économie, l’attention et le soucis du détail.

Au Bon Marché… Lundi grande mise en vente de Blanc
Georges Meunier – 1898 – Gallica

Comme ce trousseau pouvait être très important, il arrivait dans certaines familles qu’on commence à le préparer longtemps avant le mariage. Le nom du futur époux était alors inconnu, et le chiffre était donc composé uniquement des initiales de la jeune fille.
Ce monogramme était assez discret sur le linge de corps, souvent absent du linge de table (on lui préférait alors des motifs floraux ou géométriques), mais il pouvait prendre des proportions imposantes sur les draps de lit : le monogramme formait souvent un motif de 20 centimètres de côté sur le rabat du drap de dessus.

Pour ce que j’en ai vu, le chiffre était souvent brodé en blanc et en relief, avec un point lancé ou un point de bourdon, orné de broderies anglaises, de jour de Venise ou de motifs géométriques, sur un tissu de fil – c’est à dire en lin, ou de métis – mélange de lin et de coton.

Un drap brodé – photo personnelle

Cela fait aujourd’hui plus d’un demi-siècle que les femmes de la famille ne brodent plus leur trousseau pour leur mariage, mais les draps anciens sont toujours utilisés : on y dort très bien, bercé dans leur étau étroit, et sous la veille vigilante des aïeux qui ont eux aussi dormi dedans !

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