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Famille Vincent

A la découverte des Vincent d’Ispagnac

Il y a quelques temps des discussions familiales m’ont donné envie de me pencher sur la famille de mon arrière-arrière-grand-père Isidore VINCENT.
Je savais qu’il était né à Ispagnac (Lozère) au milieu du XIXème siècle, et que son père était ferblantier. Il avait au moins deux frères et une sœur, et l’un d’eux était monté en région parisienne, tandis que les autres restaient en Lozère. Jusque dans les années 1970, nous sommes restés en contact avec ces derniers et leurs familles.
Il me manquait alors beaucoup de noms et de dates, mais les archives en ligne m’ont permis de reconstituer cette famille en quelques jours.

Les enfants et petits-enfants de Louis et Marie Christine VINCENT
(cliquez sur l’image pour l’agrandir)

Isidore Alphonse VINCENT, né le 25 février 1860, était le quatrième enfant et second fils de Louis, ferblantier, et de Marie Christine GIRAL.

Ses parents s’étaient mariés à Ispagnac, où ils étaient nés tous les deux, le 23 juin 1854. Louis VINCENT, né le 31 mai 1821, mourra le 19 août 1910, tandis que sa femme, née le 12 septembre 1835, décède le 22 octobre 1895. Entre 1855 et 1874, onze enfants sont nés, dont trois n’ont pas atteint l’âge adulte :

  • Marie Caroline Virginie Léonie née le 13 mai 1855 et décédée trois jours plus tard.
  • Marie Julie, née le 6 avril 1856 et décédée le 16 juin 1858
  • Albert Louis, né le 19 septembre 1857.
  • Isidore Alphonse, né le 25 février 1860.
  • Léonie Christine, née le 14 septembre 1861.
  • Marie Henriette, née le 20 août 1863.
  • Paul Joseph, né le 22 avril 1865.
  • Jules Auguste, né le 20 mai 1867.
  • Léonie Irène, née le 22 décembre 1868 et décédée le 23 décembre 1870
  • René Emile, né le 21 juin 1871.
  • Emile Joseph, né le 10 avril 1874.

Je vais vous présenter plus en détail cette famille, que j’aime beaucoup. C’est une famille typique de la Lozère au XIXème siècle, moins les nombreuses vocations religieuses que l’on peut trouver dans certaines familles.

L’aîné des garçons, Albert « Louis », est resté à Ispagnac toute sa vie. Il a repris le métier de ferblantier de son père. Le ferblantier est « celui qui fabrique et vend de la ferblanterie » indique le Robert, c’est-à-dire des objets en acier léger recouvert d’étain, essentiellement des objets ménagers, casseroles, bassines, etc.

Le ferblantier, Jean Frédéric Wentzel – Gallica

Le 30 janvier 1890, il épouse à l’âge de 32 ans Marie « Louise » MEYNADIER, âgée de 31 ans, veuve en premières noces de François PAGES, de qui elle a une fille Marie Louise Antoinette, née en 1885. Cette dernière sera élevée par son beau-père, avec ses demis-frères et soeurs : Ernest Gaston (1891-1895), Gabrielle Louise (1893-1948), Adrien Auguste (1894-1918, mort pour la France), Gaston Henri (1896-1917, mort pour la France), Roger André (né en 1901 et décédé dans les années 70 ou 80) et Louis (1903-1904).
Albert Louis VINCENT décèdera le 28 janvier 1928, près de 15 ans après son épouse.

Isidore Alphonse est mon arrière-arrière-grand-père. Il est le premier de sa fratrie à quitter la Lozère. A l’âge de 20 ans, il est commis voyageur. Il sera ensuite voyageur de commerce, puis marchand de tissus, avec sa femme Delphine « Irma » ARNAL (1865-1943) qui tenait le magasin de ses parents à Aulas (Gard). C’est le 5 mars 1889 qu’a lieu la noce, dans le village natal de l’épouse. Neuf enfants viendront bénir cette union : Alfred Clément Louis (1890-1916, mort pour la France), Cécile Sophie Delphine (1893-1947), Ernest Auguste Jules (1895-1975), Yvonne Blanche Jeanne (1898-1979), Félix Louis « Emile » (1901-1980), Clémence Marie Germaine (1903-1988), Henri Hippolyte (1905-1990), Robert Alexis Lucien (1907-1984) et Louis Benjamin (né en 1910 et décédé dans les années 50 ou au début des années 60).
Pendant que sa femme tenait le magasin (Vincent-Arnal, à Aulas puis au Vigan (Gard), Isidore parcourait les Cévennes de ferme en ferme pour proposer toiles et mouchoirs aux habitants des fermes isolées. C’est au cours d’une de ces tournées qu’il a attrapé une angine de poitrine, dont il est décédé le 11 avril 1931, douze ans avant son épouse.

Léonie Christine est née le 14 septembre 1861. Elle ne quittera pas sa région natale et passera toute sa vie dans les environs d’Ispagnac. A l’âge de 21 ans elle épouse Eugène FAGES, instituteur originaire de Cocurès (Lozère), de qui elle aura 8 enfants dont seulement la moitié atteindra l’âge adulte : Isidore Joseph (né en 1883, et dont je n’ai pas trouvé le décès), Marguerite Jeanne Marie (1885-1964), un enfant mort-né en 1887, Albin Henri (1888-1980), Lucien Eugène Joseph (1891-1891), un autre enfant mort-né en 1892, Lydie Augusta (1895-1981) et Paul Gabriel (1898-1906, mort du tétanos suite à une blessure provoquée par une fourche à fumier, comme le raconte un cousin sur Geneanet).
Léonie Christine décède à Florac (Lozère) le 11 janvier 1926, une dizaine d’années avant son époux.

Marie Henriette est née le 20 août 1863 à Ispagnac, où elle passera toute sa vie : elle décède le 16 août 1899 à l’âge de 35 ans. Son acte de décès nous apprend qu’elle était ménagère : sans doute tenait-elle la maison de son père depuis le décès de sa mère quatre ans plus tôt.

Paul Joseph, né le 22 avril 1865, a voyagé dans la France entière. Il a été domestique dans les hôtels de luxe, comme je l’ai découvert sur sa fiche matricule : en 1888 il est domicilié à Riom, en 1892 à Cannes, à l’Hôtel des Princes, en 1899 à Paris, Rue Boissy d’Anglas. Sa situation de domestique ne devait pas être permanente, puisqu’en 1890 il habite Ispagnac, et que son acte de décès à l’hôpital Beaujon dans le 8ème arrondissement à Paris le 16 novembre 1899 indique qu’il est journalier.

Jules Auguste, cinquième garçon et huitième enfant, est celui dont je connais le moins de choses : il naît à Ispagnac le 20 mai 1867, et je le pensais mort en bas-âge, jusqu’à ce que je découvre récemment, sur l’acte de mariage de son frère Isidore, qu’en 1889, à l’âge de 22 ans, il était cafetier à Ispagnac. Je n’ai pas pu trouver sa fiche matricule, et je ne sais donc pas ce qu’il est devenu après cela. Il faut dire que l’absence de recensements de population avant la toute fin du XIXème siècle en Lozère ne m’aide pas à le retrouver.

René Emile, avant-dernier de la fratrie, est né le 21 juin 1871. C’est un de ceux qui a voyagé le plus loin de sa Lozère natale. En 1894 il est instituteur à Pléguien, dans les Côtes-du-Nord (entre Saint-Brieuc et Paimpol, à une dizaine de kilomètres de la mer). Je n’ose imaginer le dépaysement que cela fut pour lui ! Il ne reste pas longtemps en Bretagne, puisqu’en 1895 il est en poste à Milly (actuelle Essonne). C’est là qu’il épouse Valentine Eléonore VINCENT, fille d’instituteur, le 27 septembre 1897. Le couple aura deux filles, Germaine Renée Valentine (1900-1984) et Raymonde Armandine (1902-1983). René VINCENT est mobilisé en 1914, et passera deux ans au front, avant d’être renvoyé à l’arrière en 1916 à cause de problème de santé (insuffisance mitrale) : il a alors 45 ans, et reprend ses fonctions d’instituteur. Il s’éteint en région parisienne en 1941, au cours d’une autre guerre à laquelle il n’a pas participé, à l’âge de 70 ans. Il me reste beaucoup de lacunes à combler pour reconstituer son parcours, mais je ne sais pas encore où me tourner pour retrouver les traces d’un instituteur de la Troisième République.
Ce sera le seul de sa fratrie à prendre part à la Grande Guerre, mais la génération suivante sera bien représentée dans ce conflit : sept de ses neveux et les époux de trois de ses nièces seront mobilisés, et trois d’entre eux mourront au combat.

Couverture du livret réalisé à la mémoire d’Alfred VINCENT,
mort pour la France le 13 décembre 1916
(archives familiales)

Le dernier enfant de Louis VINCENT et Marie Christine GIRAL, Emile Joseph, est né vingt ans après le mariage de ses parents, le 10 avril 1874. C’est celui qui a le plus voyagé : après son service militaire, de 1895 à 1898, au cours duquel il a obtenu le grade de sergent, il s’engage dans l’armée à plusieurs reprises. En 1901, il est nommé au pénitencier d’Albertville (Savoie), puis à celui de Douéra (Algérie) en 1904. Il reste en Algérie jusqu’en février 1912, employé dans les pénitenciers militaires, avant de décéder à l’Hôpital des Aliénés de Charenton (Seine) le 31 mars 1912. Je n’ai pas encore pu consulter son dossier militaire, ou son dossier d’hôpital, mais j’imagine qu’il a été blessé à la tête, et envoyé à l’hôpital en métropole, où il est décédé des suites de ses blessures.

Voilà, vous en savez maintenant autant que moi sur cette fratrie ! Il me reste quelques recherches à faire pour mieux connaître certains des enfants pour lesquels je ne sais pas grand chose, mais ce sera pour une autre fois !

Dans l’arbre : Louis Vincent – mon arrière-grand-père – ma grand-mère

2 réponses sur « A la découverte des Vincent d’Ispagnac »

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